Cadeau de noël bien senti : le petit cours d’autodéfense intellectuelle. De multiples techniques pour ne pas se laisser embringuer dans de la manipulation idéologique. Par un auteur qui en profite pour en faire sans la moindre vergogne.

(For the record : Scott Berkun a fait un essai sur un problème identique dans le monde de l’entreprise, sous un intitulé moins pompeux : How To Detect Bullshit.)

Le problème : la furieuse inclination à gauche de l’auteur, le canadien Baillargeon : Noam Chomsky comme horizon de La Vérité, références incessantes aux médias alternatifs, liens vers une surabondance de site alter-mondialistes à l’objectivité pour le moins discutable (Acrimed, Rebelion,rezo.net, plpl, les penelopes, etc …).

Résistons à la tentation de décrédibiliser l’ensemble (remarquablement argumenté) pour un motif difficilement niable de prosélytisme anti-capitaliste. Délestons plutôt ces principes des applications révolutionnaires auxquelles l’auteur nous invite.

Petit extrait commenté sur les stratégies à adopter pour entretenir une attitude critique vis à vis des médias : ne boudons pas le plaisir de retourner ces armes rhétoriques contre les sympathies ostentatoires de l’auteur.

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Dans le cadre du festival de Cannes, l’épatant Ali Baddou a réalisé quelques éditions des matins de France Culture sur la croisette. Celle du 23 Mai 2008 avait pour sujet la critique cinématographique. Parmi les invités, le précieux Gérard Lefort, responsable des pages cultures de libé, et ses petits arrangements avec les champs d’application de la critique et du débat artistique.

Gerard Lefort

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De la haine de qualité

August 20, 2007

Judith Bernard et le hérisson

Robert Mitchum love hate

J’en ai déjà parlé ici : comment l’élégance du hérisson et son succès inattendu (350.000 ventes à ce jour) exaspère prodigieusement notre intelligentsia officielle. Aujourd’hui Judith Bernard.

Que Marc Levy ou Guillaume Musso vendent leur soupe inoffensive à la tonne passe encore ; qu’une prof de philo de Province fasse de même dans un ouvrage où on retrouve de longues tirades sur Husserl, Tolstoï ou le cinéma d’Ozu, là, non ce n’est juste plus possible.

Que, de plus, on se moque ouvertement dans cet ouvrage de la bourgeoisie de gauche (la mère de Paloma, hilarante avec son psy bidon, sa culpabilité de gauche, ses escarpins Manolo Blahnik, et ses nappes à 240€) ou des élèves de normale sup’ (sa soeur detestable et ses copains arrogants qui se la jouent cool, parfaitement croqués) : la guerre ouverte est déclarée.

Dans sa descente en flamme du livre, Judith parle de la haine qu’elle lit dans le livre de Barbery :

Et très vite c’est devenu odieux. Mais vraiment odieux. Je n’ai jamais dit ça d’un livre avant celui-là. Dans celui-là il y a tant de haine que je me suis mise à le haïr. C’est un livre qui transpire la haine sociale : la haine des riches, invariablement cons, prétentieux, et vulgaires.

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