Deuxième partie de la chronique de l’épatant Révolte Consommée de Joseph Heath et Andrew Potter.

Un billet moins synthétique se concentrant sur le caractère infondé et pernicieux de 10 (pour faire un compte rond) principes intellectuels de la contre-culture ainsi que sur leur conséquences désastreuses tels qu’énoncés dans l’ouvrage.

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Toute révolte consommée

August 18, 2009

Encore une fois, Heavy Mental perd toute pertinence en regard de l’actualité pour s’attarder sur un autre de ces ouvrages indispensables pour mieux comprendre les mécanismes internes de nos sociétés et cultures occidentales. Un essai fascinant qui justifie 2 billets : le sequel dispo .

(Merci à Aymeric pour le conseil de lecture glissé dans une discussion sur la classe moyenne et la profonde aversion qu’elle suscite à gauche.)

Joe Heath et Andrew Potter s’attaquent aux idée-forces qui innervent la pensée sociétale contre-culturelle depuis 40 ans et son avènement formel avec la parution de l’ouvrage Vers une contre-culture de Theodore Roszak. Si les auteurs ne questionnent jamais les vertus artistiques ou divertissantes de la contre-culture, il font preuve de l’audace que louait Bourdieu en s’attaquant au conformisme de l’anti-conformisme.

Guidés par un implacable sens éthique, Heath & Potter s’appuient sur les travaux de Thomas Franck (dont ils se réclament ouvertement), Thorstein Veblen, Thomas Hobbes, Fred Hirsch, Pierre Bourdieu ou Les Beastie Boys pour prouver qu’il existe un territoire intellectuel médian et cohérent. Ainsi ne cèdent-ils davantage au spectaculaire de la révolution bidon qu’ au conservatisme réactionnaire pour proposer une analyse rafraîchissante, décapante et salutaire. Read the rest of this entry »

Brilliant speech by Alain de Botton, on success and failure in modern society carreers – via Signal Vs Noise.

Alain de Botton is a Swiss philosopher living in England. It is not just because he also was born in 1969 and has lived in both Zürich and London : I like him because of his very pragmatic approach of philosophy, which I’ve discovered a few years ago reading The Consolations of Philosophy. The latter suffered very hard critics mostly reproaching him for trying to democratise philosophy. But critics never really like it when philosophy tries to simply talk to regular people, do they ? Anyway … Read the rest of this entry »

Un ouvrage éblouissant, indispensable pour comprendre la gauche.fr du XXième siècle.

Gérard Grunberg et Zaki Laïdi, (tous deux directeurs de recherches au CNRS) font partie du crew Telos, engeance réformiste regroupant un certain nombre d’auteurs déjà mentionnés,  incidemment, sur Heavy Mental tels que Thomas Philippon, Paul Krugman, Yves Algan ou Pierre Cahuc.

Un essai qui explique comment le pessimisme social est progressivement devenu l’armature de la construction politique et intellectuelle d’une gauche nostalgique des trente glorieuses et arc-boutée dans une diabolisation systématique du libéralisme. Une gauche oppressée par son sentiment d’impuissance face au marché et sa défiance obstinée face à la réalité du monde globalisé.

Grunberg et Zaïdi expliquent enfin comment le discours de Ségolène Royal, adepte de la triangulation Clintonienne ou Blairiste, marque une rupture profonde avec ce traditionnalisme intellectuel (l’ouvrage date de Janvier 2007).

Une analyse à la puissance intellectuelle sidérante qui met l’âme dépressive de la gauche française à nu et décortique les ressorts de son conservatisme marxiste avec une lucidité déconcertante. Bien plus exaltant qu’une cure de Lexomil.

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Une lecture et une question essentielle en ces temps d’économie troublée. Un remarquable ouvrage de la part d’André Comte Sponville, authentique philosophe matérialiste.

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(c) AP Photo/Herbert Knosowski – Boston Globe

Lors de mon arrivée à Londres en 1996, je me souviens du choc lorsque j’ai allumé la télévision pour regarder l’Evening News de Channel 4 : le présentateur était noir. Le présentateur du journal télévisé le plus regardé d’Angleterre était noir ! Un choc pour quelqu’un qui vient du pays de Poivre d’Arvor ou de Daniel Bilalian. Après quelques secondes de réflexion j’ai été choqué d’avoir été choqué : en effet je regardais un journaliste faire son travail, rien d’incroyable à cela.

Traumatisé par cette réaction conditionnée par 25 ans de médias.fr, je décidai alors de ne plus les regarder du même oeil. La représentation des minorités à tous les étages de la société.fr est devenu un indicateur révélateur de notre prétendue justice sociale.

J’ai donc suivi avec un intérêt particulier la journée thématique remarquable sur France Culture pour célébrer l’avènement de Barack Obama. Quelques extraits bien sentis du Grain à Moudre de Julie Clarini et Brice Couturier avec ce soir là pour invités Malek Boutih, Bariza Khiari et Laurent Bouvet. Read the rest of this entry »

Refuser la démagogie pessimiste aurait pu être le titre de ce billet. Dans ce remarquable petit ouvrage, constitué d’entretiens avec Bertrand Richard, la pensée de Lipovestky sur les enjeux de l’hyper-modernité avance avec clarté. Elle  s’oppose avec mesure au radicalisme pessimiste de la tradition intellectuelle française (incarnée ici par les questions fortement orientées de B. Richard), préférant comprendre et analyser les choses telles qu’elles sont plutôt que juger, se vouloir moralisatrice ou encore spéculer sur des dérives forcément totalitaristes.

L’auteur de l’Ere du Vide propose une vision plus subtile et, de fait, moins spectaculaire : “un moindre panache théorique” comme le dit B. Richard dans son introduction.  Bien qu’empreinte d’optimisme, cette pensée reste cependant lucide et sans complaisance, mettant face à face les deux facettes des thèmes sociétaux abordés. L’hyper-consommation, l’éducation, le culte du Nouveau, l’alter mondialisation, la France face à la mondialisation, la technologie face aux idéologies : des extraits passionnants pour vous mettre l’eau à la bouche.  Read the rest of this entry »

Grâce soit rendue à France Culture : tous les jours du mois d’Août nous avons eu droit en direct, de 19 à 20h (pour le commuting du soir donc) aux sessions 2008 de Michel Onfray à l’Université Populaire de Caen.

Une vois belle et ronde, qui coule en manipulant dans une clarté cristalline et une érudition encyclopédique l’histoire des idées et des réflexions philosophiques. En grand hédoniste à l’éblouissant sens des titres, il consacre les sessions de cette année à l’eudémonisme social.

Dans celle du 15 Aout Onfray adresse une problématique capitale dans la pratique moderne de la discipline : sa confiscation par les universitaires à travers l’intimidation par le langage.

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michel serres

J’ai eu la chance de participer à l’Université du SI, séminaire prestigieux organisé par Octo Technology, et sur lequel je reviendrai avec un enthousiasme non feint – watch this space.

Michel Serres, dans sa bonhommie gersoise ouvrait les hostilités devant un parterre de geeks encostumés un peu interdits, bien plus habitués au bullshit corporate de 01 Informatique qu’aux cheminements philosophiques d’un octogénaire malicieux.

Une heure étourdissante d’intelligence, de culture et de symbolique plus tard – le philosophe quittait la salle sous un tonnerre d’applaudissements.

Ce billet s’efforce de reproduire le prodige de cette démonstration.

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Entendu sur Radio Nova cet entretien passionnant avec le philosophe Michel Puech, auteur de Homo Sapiens Technologicus ouvrage tentant de répondre à la question suivante : que signifie habiter technologiquement le monde ? Une introduction ici.

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netocrates

On a déjà parlé de Alexander Bard. Il fait aujourd’hui (quoi, le mois dernier) la une de Chronicart - les éditions web et papier – dans le cadre de la traduction et de sa publication en France de l’essai qu’il a co-rédigé avec Jan Söderqvist : Les Netocrates.

Les deux suédois avancent ici leur théorie : nous entrons dans une nouvelle ère qui signe la fin de l’ère capitaliste : la nétocratie. Leurs réflexions sur la société, les technologies, le culture occidentale, le marxisme, la bourgeoisie ou encore l’humanisme sont radicales et rafraîchissantes. Et résonnent d’un écho particulier pour ceux qui, comme moi, sont fascinés par l’influence grandissante des technologies de la communication sur notre société, sa fluidification et sa plus grande transparence.

Selon eux l’âge de l’information sera transparente, implacable, ultra-matérialiste, sera l’ère de la méritocratie et mettra un terme à l’hégémonie de la bourgeoisie capitaliste conservatrice et sa croyance en l’humanisme. Extraits de l’entretien paru dans le numéro #42 du magazine et publié aujourd’hui en ligne. Etes vous un nétocrate ? Pour le savoir ..

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